Ressource en eau
Aspects qualitatifs
La question des phytosanitaires

Depuis de nombreuses années, dans les champs, les jardins, en bordure des routes, la facilité d’utilisation des désherbants, insecticides et autres anti-parasitaires, appelés phytosanitaires ou encore pesticides, a conduit à utiliser sans modération des produits fortement polluants, dangereux pour l’utilisateur et pour son environnement.
Si l’agriculture utilise les plus gros volumes, le désherbage par les collectivités et les particuliers participe largement à la pollution des rivières : réalisé sur des zones imperméabilisées ou tassées, le transfert des contaminants vers les cours d’eau est 30 à 40 fois supérieur à celui d’une parcelle agricole.
Quel est le danger ?
Qu’il pleuve ou qu’il vente, le moindre brin d’herbe est aujourd’hui pourchassé au nom d’une exigence de propreté irréfléchie... et à quel prix ! On connaît désormais le résultat de ces habitudes sur la qualité de l’eau et le coût du mètre cube.
Le rapport 2006 de l’Institut Français pour l’Environnement (IFEN) fait état d’une contamination de 96 % des eaux superficielles et de 61 % des eaux souterraines par les pesticides. La moitié des eaux brutes est non utilisable en l’état pour l’alimentation en eau potable. Par ailleurs, les systèmes de traitement actuels pour dépolluer l’eau sont extrêmement onéreux. Mais la présence de phytosanitaires dans l’eau est particulièrement préoccupante car elle pose un problème pour l’équilibre des écosystèmes (accumulation des pesticides dans la chaîne alimentaire aquatique) et pour la santé humaine (risques d’intoxications, de cancers, de troubles hormonaux...).

Les actions du Conseil Général de Tarn-et-Garonne
«Vers une utilisation raisonnée des produits phytosanitaires»Conscient de cette problématique collective, le Conseil Général a la volonté d’agir à son échelle pour l’amélioration de la qualité de l’eau. Cette volonté passe notamment par des changements d’habitudes de travail des agents des subdivisions départementales. Elle nécessite une évolution des mentalités.
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| Quelques mauvaises herbes ne constituent pas forcément un problème | |
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| Le désherbage systématique accélère l’érosion | |
Actions menées en interne
Le Conseil Général gère quelques 2400 kilomètres de voirie départementale, comprenant 280 kilomètres d’alignements d’arbres et plus de 1.000 ouvrages d’art. Chaque année depuis 5 ans, le volume des produits phytosanitaires utilisés pour l’entretien de l’espace routier est volontairement réduit de 40%, cela sans remettre en cause les notions de sécurité.De nouvelles recommandations consistent à utiliser les phytosanitaires avec discernement et prudence, uniquement lorsqu’aucune alternative n’est envisageable, et incitent à admettre la présence de quelques mauvaises herbes ou à les enlever sans produit chimique.
Une voirie bien entretenue ne doit plus être synonyme de désert, exempt de toute mauvaise herbe.
- Exemples de pratiques respectueuses
- Eviter le recours aux traitements chimiques sur certaines zones :
zones sensibles (proches de points d’eau, zones ravinées, enrochements) plantations d’alignement. - Favoriser le recours à des méthodes douces évitant la pousse de l’herbe :
- Paillage du pied des plantations (avec le broyage des résidus de coupes d’entretien des arbres).
- Bétonnage des pieds des panneaux de signalisation.
- Equipements de Protection Individuelle, formation d’agents applicateurs.
- Désherbage manuel, récupération des emballages vides de produits phytosanitaires pour recyclage, enregistrement des pratiques, bilans...
L’objectif est de généraliser, à court terme, ces pratiques partout où cela sera possible dans le département ainsi que de développer des techniques alternatives.
Actions de sensibilisation menées auprès des collectivités
La Direction de l’Environnement du Conseil Général propose,aux collectivités situées sur une Aire d’Alimentation de Captage (AAC) et qui le souhaitent, la réalisation d’un diagnostic des pratiques d’utilisation des produits phytosanitaires dans l’entretien de leurs espaces (espaces verts, cimetières, voirie, équipements sportifs). Ce diagnostic débouche sur des propositions d’amélioration qui peuvent être, sous certaines conditions, financées en partie par l’Agence de l’Eau.

- Quelques exemples de bonnes pratiques communales
- La Communauté de Montauban 3 Rivières s’est lancée, suite au diagnostic du Conseil Général, dans la mise en place d’un plan de désherbage. Les zones traitées sont reportées sur une carte. Elles sont classées selon leur risque, élevé ou faible, de contaminer l’eau.
Sur les surfaces à risque élevé (imperméables ou proches de points d’eau telles que ruisseaux ou caniveaux) l’objectif est de ne plus recourir à aucun traitement chimique. Seules des méthodes dites « alternatives » devraient y être employées.
- La commune de Septfonds a définitivement adopté des pratiques respectueuses de l’environnement :
- Laisser l’herbe pousser au pied des arbres.
- Recourir au désherbage thermique.
- Rechercher la présence de l’herbe plutôt que l’éradiquer à tout prix, ensemencer avec des mélanges fleuris aux endroits opportuns.
- Pailler les massifs pour limiter la pousse des mauvaises herbes.
- Choisir des espèces résistantes aux maladies et à la sécheresse pour limiter l’entretien.
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| Le béton ou le paillage permettent de ne pas recourir aux produits désherbants. | Ensemencer avec des mélanges fleuris aux endroits opportuns | Choisir des espèces résistantes aux maladies et à la sécheresse |
- La communauté de Communes de la Lomagne tarn-et-garonnaise
a délibéré en faveur d’une démarche de raisonnement sur l’utilisation des produits phytosanitaires dans l’entretien des routes.
Des investissements sont ainsi réalisés visant à :
- améliorer la gestion du désherbage chimique (acquisition de matériel d’injection directe des produits permettant un dosage précis et évitant les manipulations et la gestion des fonds de cuves),
- éviter le recours au traitement chimique (ancrage de la signalétique et des abords des ouvrages d’art permettant le passage d’outils mécaniques).

Les particuliers
“Au jardin : vous aussi, vous êtes acteurs, agissez !”
La plupart du temps, au jardin, nous surdosons les produits. Pourtant, le recours aux produits chimiques devrait rester exceptionnel.
Apprenons à :
- Tolérer quelques mauvaises herbes.
- Utiliser les prédateurs naturels pour détruire les espèces nuisibles (chauves-souris, hérissons, oiseaux, couleuvres, coccinelles, punaises, musaraignes, carabes et syrphes).
- Installer des plantes éloignant les insectes (soucis, œillets d’Inde, chrysanthèmes, thym persil, menthe, alliums).
- Pailler (herbe sèche des tontes, feuilles mortes) ou utiliser des plantes couvre-sols (rampantes) pour empêcher les mauvaises herbes de pousser.
- Utiliser des plantes résistantes aux maladies et à la sécheresse.
- Elaborer des pièges à insectes (assiettes en carton de couleur engluées) ou à limaces (bière, cendre).
- Ne pas jeter les eaux de rinçage du pulvérisateur à l’égoût ou dans un fossé mais les épandre sur la surface à traiter.

Parce que l’eau de nos rivières nous concerne tous, ensemble, préservons-là !
Aspects quantitatifs
Les pistes de réflexion
A l’heure actuelle les situations de sécheresse se gèrent au cas par cas, à travers la cellule sécheresse, sous l’égide de l’Etat. En fonction du débit mesuré sur les cours d’eau, des arrêtés de restriction d’utilisation de l’eau sont pris afin de ne pas atteindre, dans la mesure du possible, le débit de crise en dessous duquel sont mis en péril, l’alimentation en eau potable et la survie des espèces présentes dans le milieu.
Le Conseil Général souhaite poursuivre le renforcement de la ressource en eau sur les bassins déficitaires. Des réflexions ont été engagées sur le Lemboulas et la Séoune. Il s’agira maintenant d’équilibrer le bilan entre les ressources disponibles et les besoins en figeant et limitant si nécessaire les prélèvements pour éviter les situations de crise.
Ce travail se fait en concertation avec les usagers : profession agricole, associations de pêche, collectivités et administration ... et doit aboutir à l’élaboration de règles de gestion acceptées par chacun.
La volonté du Conseil Général
L’objectif du Conseil Général est de favoriser le maintien et la cohabitation des différents usages liés à l’eau par la reconquête de la qualité des cours d’eau, les économies d’eau mais aussi l’augmentation des ressources en période estivale.
Il existe diverses possibilités pour augmenter la ressource :
- la création de lacs pour l’irrigation, qui diminuent d’autant les pompages directs sur les rivières ou les nappes,
- la construction de barrages, qui se remplissent l’hiver permettent de déstocker de l’eau dans les rivières en période d’étiage,
- le recours à des barrages existants mais dont la vocation première n’est pas le soutien d’étiage, notamment les barrages EDF conçus pour la production d’hydro-électricité. Pour pouvoir mettre en œuvre ce type de solutions, des partenariats doivent être recherchés entre les usagers, les collectivités, l’administration et EDF. De même il est souvent nécessaire de travailler à l’échelle interdépartementale ce qui rend parfois difficile la conduite des opérations, les usages de l’eau pouvant être différents et contradictoires (irrigation, eau potable, tourisme, pêche ...).
Quelques chiffres :
Depuis 1983, en Tarn-et-Garonne, 13.4Mm³ de stockage ont été créés dans des retenues collectives et 7.9Mm³ dans des retenues individuelles.
A cela doivent être rajoutés les barrages de Lunax (à cheval sur le Gers et la Haute-Garonne) et de Saint Géraud (dans le Tarn) qui réalimentent partiellement le Tarn-et-Garonne (coût : 38M € pour un stockage de 40Mm³).
Le Conseil Général est propriétaire des barrages du Gouyre, du Tordre, du Thérondel ainsi que du plant d’eau des Falquettes. Le Gouyre et le Tordre, construits respectivement en 1989 et 1992 sur le bassin versant de l’Aveyron, ont une capacité cumulée de 6.6 millions de m3. Ils permettent l’irrigation de 1250 ha et plus marginalement l’alimentation en eau potable. Par ailleurs quelques lâchures pour remonter le débit de l’Aveyron sont possibles en période de sécheresse.
Le Thérondrel, réalisé en 2008, d’une capacité de 830 000 m³, et le Plan d’eau des Falquettes, aménagé en 2007, d’une capacité de 900 000 m³ permettent d’une part respectivement, le soutien d’étiage du Tescounet puis du Tescou, ainsi que de la Lère et d’autre part la compensation des prélèvements agricoles.
Le Saint Géraud, situé sur le Cérou en amont de Carmaux est propriété des Conseils Généraux du Tarn et du Tarn-et-Garonne. Avec une capacité de 15 Mm3 il permet le soutien des étiages de l’Aveyron et le respect d’un débit de salubrité à Carmaux. Ce barrage n’a pas été conçu pour écrêter les crues mais il n’en aggrave pas le phénomène. Il peut accessoirement jouer le rôle de bassin tampon en fonction de son remplissage.
Le canal de la Neste, construit entre Sarrancolin et Lannemezan permet d’alimenter à partir des eaux de la rivière Neste et de lacs de Montagne, les rivières de 5 départements (dont le Tarn-et-Garonne), en rive gauche de Garonne. Ce système est géré par la Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne. Les 250Mm3 transités permettent l’alimentation en eau potable d’environ 200 000 habitants, la desserte en eau de plusieurs industries, la fourniture en eau d’irrigation pour près de 40 000 ha et le soutien d’étiage des rivières. Des travaux de remise en état du canal viennent d’être réalisés sur une dizaine d’années et ont bénéficié d’aides du Conseil Général à hauteur de 191 153 €
Les ouvrages EDF représentent en Adour/Garonne les capacités de stockages les plus importantes. Conçus pour produire de l’électricité en période hivernale, leur utilisation pour du soutien d’étiage reste souvent limitée, payante et encadrée par le biais de conventions avec des collectivités. Le Conseil Général participe au financement annuel de lâchures :
- sur la Garonne à partir des lacs pyrénéens représentant jusqu’à 58Mm³ déstockables,
- sur l’Aveyron à partir des réserves du Levezou (principalement lac de Pareloup) jusqu’à hauteur de 5Mm³,
- sur le Tarn, à partir principalement du lac de Saint-Peyres, à, hauteur de 26Mm³.
Les caractéristiques du département et les problèmes posés
Le département de Tarn-et-Garonne est caractérisé par l’importance de son réseau hydrographique. En effet, il est situé à la confluence de 3 grands fleuves que sont la Garonne, le Tarn et l’Aveyron et est traversé par le canal des 2 mers.
Le département se caractérise aussi par la très grande variété des ses paysages : vallées alluviales, coteaux, causses ... et l’on peut constater que la présence de l’eau a fortement orienté l’activité humaine puisque les plaines de la Garonne, du Tarn ou de l’Aveyron connaissent ainsi les plus fortes concentrations de population.
Le déséquilibre entre les besoins, en particulier pour l’irrigation, et la ressource disponible en période estivale est flagrant, et conduit à de nombreux assecs de petits cours d’eau ou à des débits extrêmement faibles sur des rivières plus importantes.
Ce manque d’eau induit des problèmes de salubrité, un appauvrissement du milieu aquatique et en particulier de la vie piscicole, des difficultés pour l’alimentation en eau potable. Dans ces périodes, les besoins agricoles ne sont pas satisfaits et conduisent à des pertes de récoltes parfois importantes.
Les prélèvements en eau :
- 220 Mm³ sont prélevés annuellement pour les besoins industriels (dont 210Mm³ pour la centrale de Golfech), le volume réellement consommé étant de 30 à 40Mm³,
- 22Mm³ pour les besoins de l’alimentation en eau potable,
- 100Mm³ en moyenne pour les besoins agricoles (de 50 à 200Mm³ selon les années), concentrés sur la période estivale. Ils correspondent à un débit instantané de prélèvement de 32m³/seconde dont 23m3/seconde en rivières et 9m³/seconde en nappe.
Zoom sur l’activité agricole.
L’agriculture en Tarn-et-Garonne se caractérise par des exploitations de taille modeste (31,2 ha de moyenne départementale contre 39,7 ha pour Midi-Pyrénées et 42,7 ha pour la France, chiffres 2000) et des productions diversifiées.
L’irrigation contribue à assurer la régularité de la production et la qualité des produits. Elle permet de développer des productions à haute valeur ajoutée et de valoriser ainsi les exploitations de type familial (malgré leur petite taille) qui constituent dans les cantons ruraux la première activité économique.
Les surfaces irrigables représentent 79 000 ha soit 35 % de la Surface Agricole Utile du département, situant le Tarn-et-Garonne en tête de la région Midi-Pyrénées. Le développement des cultures irriguées s’est fortement accru depuis la fin des années 80, en liaison avec les orientations de la Politique Agricole Commune ...








