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L'histoire commence en 1808
Contrairement à la majorité des départements français créés en 1790, le Tarn-et-Garonne voit le jour en 1808 par la réunion de fragments détachés des départements voisins : Aveyron, Haute-Garonne, Gers, Lot et Lot-et-Garonne. Montauban, chef-lieu sous l’Ancien Régime d’une vaste circonscription administrative, se trouve ravalée au rang de sous-préfecture du Lot. Au XVIII° siècle, c’était une ville prospère aux confins du Languedoc et de la Guyenne, vivant de la minoterie et surtout de l’industrie textile (bas de soie et étoffe de laine, le cadis). Troisième ville du sud-ouest après Bordeaux et Toulouse, elle procurait du travail aux campagnes environnantes.
Le département va rester à l’écart de la révolution industrielle aux XIX° siècle, ses activités traditionnelles (minoterie, textile, faïenceries, métallurgie) perdurant sans prendre d’extension. Les petites entreprises y prédominent. Les productions nouvelles sont liées à l’agriculture : fabrication des balais en paille de sorgho autour de Grisolles, industrie du chapeau de paille à Septfonds et Caussade. Vers 1870, une importante usine métallurgique s’implante à Castelsarrasin.
Le département souffre cruellement de l’exode rural et de la ponction de la guerre de 1914-1918. En 1962, 50 % de la population travaille encore dans l’agriculture.
Agriculture et infrastructures : 1850 - 1930
Si les limites du Tarn-et-Garonne ont été établies de façon arbitraire, ce département bénéficie de nombreux atouts géographiques propices au développement de l’agriculture (plaines irriguées par le Tarn-et-Garonne, situation au carrefour d’importantes voies de communication terrestres et coteaux ensoleillés...). Les productions agricoles y sont variées à l’image de ses terroirs. Il faut noter que l’élevage du ver à soie y occupe une place éminente : vers 1850, le département fournissait 1/10° de la production nationale.
Les coteaux favorisent l’épanouissement de la vigne qui se distingue déjà par la production d’un raisin de table réputé, le chasselas. Les fruits (prunes, pêches, fraises) et autres primeurs (asperges, artichauts, melons...) ainsi que l’ail vont prendre toute leur place dans la richesse locale lorsqu’ils pourront être acheminés rapidement.
Dès 1930, le modernisme architectural entre de force dans les vallées après les inondations. Il faut reconstruire des villages entiers. A Moissac et Montauban, la renaissance de certains quartiers suscite la construction d’équipements collectifs, de zones pavillonnaires et de logements sociaux. Ces nouveautés esthétiques et fonctionnelles ne bouleversent pas l’urbanisme général de cités qui vont prendre leur essor dans les années 60.
L'ère des mutations : 1930 - 2000
Dans les années 1960, période d’intense expansion économique, le Tarn-et-Garonne s’urbanise. Le développement du secteur tertiaire, continu jusqu’à la fin du siècle, permet d’enrayer l’émigration de ses habitants. Une première vague d’équipements structurants (1960-1975) s’ensuit : piscines, centres hospitaliers, équipements scolaires et sportifs, zones industrielles sur lesquelles s’implantent des industries de transformation. Parallèlement, le secteur agricole se renforce et s’organise (coopératives, marché-gare) ; il se spécialise aussi (arboriculture, primeurs, viticulture) et trouve des débouchés grâce à un effort de qualité validé par des appellations (VDQS, AOC).
Notre département profite de l’expansion toulousaine grâce à une nouvelle proximité engendrée par l’autoroute A62 (1982), qui accélère dès lors l’installation d’entreprises des secteurs aéronautiques, électronique et agro-alimentaire. Ces arrivées coïncident avec une seconde phase d’équipement, assurée par les efforts conjugués de l’Etat (rocades, autoroutes et chemin de fer : électrification de Bordeaux-Montauban en 1980), et des collectivités locales (Conseil général et communes) devenues, avec les lois de décentralisation, des décideurs et des acteurs à part entière du devenir commun.


