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Abbaye de Belleperche

Abbaye de Belleperche

Actualités

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Historique

Vers 1130 - 1140, une famille de chevaliers, les Argombat, fonde un petit monastère privé à neuf km de l’emplacement actuel de l’abbaye. En 1143, ils affilient cette structure à l’ordre de Cîteaux afin de donner naissance à un grand établissement monastique. La communauté est aussitôt transférée sur le site moderne, en bordure de Garonne.

Belleperche devient l’une des trois plus riches abbayes cisterciennes du Sud de la France, grâce à une politique foncière judicieuse (elle posséda de 8 à 9000 hectares de biens) et à la spécialisation de son agriculture : vignoble, élevage des bovins, des chevaux et des mules. Entre 1253 et 1287, les moines participent au développement des campagnes en organisant un groupe de neuf bastides dont subsistent aujourd’hui Larrazet, Cordes, Donzac, Garganvillar, Angeville, Montaïn

Durant la croisade contre les cathares, Belleperche se tient à l’écart du conflit et continue de s’enrichir. Guilhem Jauffre (1263-1294) est l’abbé le plus important de l’histoire du monastère. Agent du roi de France à partir de 1272, il est missionné en février 1294 pour signifier aux Anglais la saisie du duché d’Aquitaine, et s’en voit remercié par sa nomination à l’évêché de Bazas (1294-1299).

Affaiblie par la guerre de Cent Ans, elle se redresse à la fin du XVe siècle, mais les guerres de Religion l’amènent au bord de la ruine. D’octobre à fin décembre 1572, des hommes d’armes occupent le monastère, puis l’abandonnent en l’incendiant. L’abbaye rétablit sa position au XVIIe siècle et accueille jusqu’à 30 moines, chiffre très important pour l’époque. Elle s’ouvre largement à la vie laïque et développe avec ampleur la fonction hôtelière. Belleperche reste un « bénéfice » lucratif pour ses abbés, et les moines sont de confortables rentiers du sol.

De 1701 à la Révolution, des travaux considérables modernisent le bâtiment. L’accueil des hôtes de marque est accentué avec la création d’une vaste hôtellerie. Belleperche est alors renommée pour la qualité de son séjour, sa cuisine et son hospitalité « splendide et généreuse » selon le maréchal-duc de Richelieu, célèbre bon vivant. Les moines quittent les lieux en février 1791.

Acquise aux enchères par un négociant, Belleperche devient alors un bien privé pour près de deux siècles. A force de partages, ventes et successions, on compte jusqu’à huit propriétaires différents dans les murs à la fin du XIXe siècle. En 1983, alors qu’elle est menacée de devenir une discothèque, le Conseil Général de Tarn-et-Garonne s’en porte acquéreur, lui ouvrant ainsi la voie du renouveau.

Le monument

Dans son état actuel, après les démolitions qui ont fait disparaître les principaux édifices médiévaux, Belleperche se présente avec son visage du XVIIIe siècle. Mais les vestiges du XIIIe siècle sont nombreux et d’un grand intérêt architectural.

Citons avant tout les énormes et exceptionnels soubassements rythmés de contreforts qui supportent l’abbaye sur la berge de la Garonne. Sur 90 m de long, ces murs forment pour les édifices un socle de 10,50 m de haut, fondé sur la roche. Du luxueux réfectoire construit vers 1280 demeurent la porte et un remarquable pan de mur en brique et pierre à faisceaux de colonnettes, dans l’esprit du gothique rayonnant de la région parisienne adapté aux traditions méridionales.

Le passage qui reliait le grand et le petit cloître au travers de l’aile des moines reste intact, avec ses croisées d’ogives fermées par de belles clefs aux fleurs épanouies.
L’infirmerie des moines, partiellement conservée dans les constructions du XVIIIe siècle, mesurait environ 37 m sur 10. Elle présente un pan de mur peint d’un faux appareil de pierre et creusé de niches qui alternaient avec les lits.

Parmi les vestiges, de nombreux éléments lapidaires (chapiteaux, socles), et décoratifs (briques taillées, pavement de l’église) évoquent la richesse de l’abbaye à son apogée. De 1701 à 1780 environ, un grand chantier de modernisation fit apparaître l’actuel bâtiment-bloc, long de 90 m et large de 21 m. Ce remodelage fait de Belleperche un remarquable exemple d’architecture monastique moderne de type rationnel. Le rez-de-chaussée contient l’escalier du dortoir, l’ancien escalier d’honneur antérieur à 1760, le grand vestibule et le second escalier d’honneur des années 1761-1763, le grenier voûté de plus de 500 m², la salle à manger d’été et le salon de compagnie ornés de gypseries, le réfectoire moderne et son superbe décor de plâtre, la cuisine et le grand cloître voûté. A l’étage, d’immenses galeries de circulation éclairées par de hautes baies desservent les appartements destinés aux hôtes, le salon et la salle à manger d’hiver, la chambre du prieur, un appartement abbatial, les cellules, les latrines.

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Travaux

Belleperche était très dégradée lorsque le Conseil Général en devint propriétaire. Le préau du cloître était une cour de ferme, encombrée de hangars en parpaings, les galeries elles-mêmes, murées et cloisonnées, avaient servi d’étable, d’écurie, de garage... L’édifice restait à l’abandon depuis 1976, et la toiture s’était en partie effondrée. Lui aussi inoccupé, le bâtiment central s’avérait un peu moins ruiné mais son état empirait. Quant à l’hôtellerie, elle resta habitée jusqu’en 1998 mais sa toiture menaçait tout bonnement de s’écrouler.

Les travaux ont débuté par le chantier spectaculaire du cloître au printemps 1993. La moitié de l’aile nord fut reconstruite pour des raisons autant structurelles qu’esthétiques. Cela a permis de refermer la cour intérieure derrière le cloître, d’ancrer la galerie au mur par des tirants et de restituer son volume dans le prolongement du passage du XIIIe siècle, entrée « historique » du cloître.

Après reconstruction des deux tiers de la toiture et rénovation des soubassements médiévaux sur la rive de la Garonne, en 1996-1998, l’attention s’est portée sur les intérieurs.

En 2001-2002, l’enfilade des salles de réception de l’hôtellerie, au rez-de-chaussée, a retrouvé son éclat. Le sol de briques, d’un rose éteint, a pris une teinte rouge foncé après traitement. Les décors de gypseries des années 1762-1763, ternis et fissurés, ont été nettoyés, complétés aux endroits endommagés, consolidés et passés au badigeon blanc.

A la même date, le grand grenier dans lequel les moines entreposaient le bois à brûler, le grain et tout ce que nécessitait la vie quotidienne d’un domaine aussi imposant, fut à son tour restauré. Avant 1999, il était impossible de se rendre compte du volume de cette salle, divisée par des cloisons de brique. Un appartement occupait presque tout le vaisseau nord, la travée la plus occidentale était plongée dans le noir et convertie jadis en étable. On entrait dans le grenier par une porte charretière, percée au cours des années 1920 dans la façade (un mur du XIIIe siècle), et fermée par un volet coulissant en plastique.

Après des fouilles archéologiques qui ont permis de collecter des informations essentielles sur l’histoire du bâtiment, les travaux conduits en 2001 ont abouti à une véritable métamorphose.

 Restauration de l’aile des jardiniers

Probablement construite dans la première moitié du XVIIIe siècle, l’aile de jardinniers fut entièrement remodelée vers 1762-1763 par l’ingénieur Dartain, chargé par les moines de réaménager l’hôtellerie. Il aveugla la façade tournée vers la cour, ne laissant de fenêtres que vers les jardins, à l’est. Le côté cour reçut de fausses fenêtres, peut-être peintes en trompe-l’oeil. Au rez-de-chaussée, voûté, logeaient les six jardiniers de l’abbaye. A l’étage, une enfilade de quatre pièces constituait un appartement d’hôte assez luxueux, dont les vestiges révèlent qu’il était orné de peintures murales et d’ornements en plâtre. En 1796 ou 1797, un escalier vint s’insérer dans l’aile.

Devenu habitation privée dès cette époque, l’aile reçut des aménagements domestiques : placards, éviers, fourneaux-potagers. Dans la première moitié du XXe siècle, la toiture, restée sans entretien, s’effondra. L’aile resta à découvert durant plusieurs décennies, l’étage rempli de terre servant de jardin suspendu... Puis des arbustes y poussèrent, qui eurent au moins l’avantage de pomper l’eau de pluie en protégeant les voûtes. Dans les années 1990, l’arrachage de ces arbres supprima cet effet d’éponge et l’eau commença à attaquer les voûtes. Très vite, les murs s’ouvrirent, une cheminée s’écroula, la calotte de l’escalier menaça de tomber et reçut, juste à temps, un renfort charpenté. La restauration complète devenait urgente.

Les travaux ce sont inscrits dans la dernière phase de mise hors d’eau et hors d’air de l’abbaye. Sous un impresionnant parapluie de protection, des tonnes de gravats furent évacuées, permettant de soulager les voûtes, puis les maçonneries ont été reprises et les fissures fermées. Les fenêtres ouvertes au XIXe siècle ont été condamnées. Pour consolider un bâtiment qui reste malgré tout fragile, une ceinture de renfort et des tirants sont intégrés à la corniche.

Le Centre des arts du goût et de la table

Belleperche avait besoin de trouver une nouvelle identité pour commencer une nouvelle vie. Une identité forte, directement identifiable par le public, et surtout qui sorte de l’ordinaire !

Le projet de Centre des arts du goût et de la table : ou comment consacrer une abbaye cistercienne à l’histoire et à l’actualité des plaisirs de la table...

Ce choix peut paraître en opposition avec l’idée que le public se fait des monastères cisterciens. Mais n’est-ce pas une « idée reçue » parmi tant d’autres ? A relire les textes qui documentent la vie quotidienne des ordres religieux, on découvre souvent une réalité bien humaine, loin des images d’austérité et de mortification, vraies mais réductrices, transmises par l’historiographie du XIXe siècle

En se référant à cette vérité historique trop oubliée, et surtout en s’appuyant sur la réalité architecturale de Belleperche, le Conseil Général a choisi d’innover en prenant le contrepied des réhabilitations traditionnelles d’abbayes, qui privilégient l’histoire religieuse...

Au terme d’études et de réflexions, l’Assemblée départementale a donc décidé, le 4 février 2002, la création à Belleperche d’un centre culturel dédié aux arts du goût et de la table.

Ce thème est légitimé par l’histoire de l’abbaye, devenue au XVIIIe siècle, tout en restant un lieu de prière et de charité, un site hôtelier dont témoignent les traces écrites, les édifices et les décors aujourd’hui conservés. Par ailleurs, ce thème se veut inscrit dans la tradition culturelle locale, dans la politique touristique du département, et plus largement encore dans celle de la région Midi-Pyrénées.

Les salles de l’abbaye seront partagées entre des activités d’animation, de pédagogie et de création, et une grande exposition permanente à caractère muséographique, conçue pour raconter l’histoire des objets de table du XVIIIe siècle à aujourd’hui.

Le fil conducteur de la politique d’établissement sera la mise en valeur :

  • de l’évolution historique, sociale, économique et esthétique du fait gastronomique, des manières de la table et de son environnement utilitaire et décoratif.
  • de l’inventivité des objets liés au service et à la consommation des aliments et des boissons, au travers de la foule des matières, des formes et des usages que l’action de manger et de boire suscite en fonction des besoins de chaque époque et de chaque milieu.

Ce Centre dévolu à un thème à la fois universel et transculturel aura pour ambition de devenir un des grands sites touristiques de Midi-Pyrénées.

Le Centre diffusera son message grâce à des événements ponctuels, des activités de formation ou de divertissement pour adultes et enfants, des ateliers, des expositions, des coopérations avec de multiples partenaires.

 L’exposition permanente « Objets de table »

Cette exposition étendue sur l’essentiel des surfaces de l’abbaye au terme de la restauration, constituera la base matérielle et documentaire des activités du Centre, et sera le pôle d’attraction pour le volet touristique du projet

Le Centre aura pour objectif d’être un lieu de conservation, d’illustration, d’interprétation, d’éducation et de diffusion, consacré au patrimoine de la gastronomie dans son sens le plus large : "connaissance de tout ce qui se rapporte à la cuisine, à l’ordonnancement des repas, à l’art de déguster et d’apprécier les mets".

L’exposition proposera au public un voyage dans le monde des objets de table, reflets des civilisations, de leurs manières d’être, des façons de se comporter, de leurs orientations culturelles, de leurs goûts et de réalités sociales aussi nombreuses qu’imbriquées.

Priorité sera donnée dans un premier temps à la France. Mais les cultures étrangères ne seront pas négligées, autorisant ainsi une vision élargie et des événements appelant le public à la découverte de modes de vie différents. L’ouverture à l’Europe et au reste du monde est indispensable.

Le service éducatif

 Les scolaires à l’abbaye

  • Les visites
    • Les visites / parcours
      Pour faire découvrir Belleperche aux plus petits en parcourant les salles de l’abbaye de manière dynamique et ludique. Deux thèmes vous sont proposés :
      L’abbaye en images
      Jouons à l’abbaye

    • Les visites / ateliers
      Elaborées pour les élèves du primaire, elles conjuguent une visite de l’abbaye autour d’un thème précis et un atelier, permettant aux enfants, par la pratique des arts plastiques, de réinvestir les notions traitées lors de la visite (dessin, modelage...).
      Les thèmes des visites sont les suivants :
      Dessine-moi une abbaye
      Construire une abbaye
      L’art de la gypserie

    • Visites actives
      Ces visites destinées aux élèves du primaire ont pour but de stimuler la curiosité des enfants en leur permettant d’appréhender l’édifice de façon plus concrète et personnelle. Elles combinent visite de l’abbaye et utilisation de visuels.
      Mode de vie à l’abbaye
      Les pierres de l’abbaye
      Una passejada per Belleperche (visites bilingues français-occitan)

    • Visites / découvertes
      Ces animations abordent en profondeur la vie quotidienne des moines et l’histoire de l’ abbaye cistercienne de Belleperche par l’association d’une visite et de la présentation de documents visuels. Leur conception est en accord avec les programmes d’histoire du secondaire, notamment celui de la classe de 5e.
      Plus de 700 ans d’histoire
      Le monastère cistercien

  • Les outils complémentaires

    • Les dossiers enseignants
      Composés d’éléments documentaires et de pistes pédagogiques, ces dossiers permettent de préparer la visite ou de poursuivre en classe les découvertes faites à l’abbaye.
      Bienvenue à l’abbaye
      Construire une abbaye

    • Rencontres formation
      Animées par l’équipe de l’abbaye, ces rencontres destinées aux enseignants ont pour objectif de les préparer à une prochaine visite de l’abbaye avec leur classe. Renseignements au 05 63 95 62 75

    • Ouvrages en consultation à l’abbaye

  • Les enfants à l’abbaye

    • LES PARCOURS - JEU
      Fini les visites ennuyeuses !
      Disponible sur simple demande à l’accueil de l’abbaye, le parcours - jeu « A la découverte de l’abbaye de Belleperche » est un moyen ludique et original de découvrir les espaces et l’histoire de l’abbaye de Belleperche. A faire seul, dès l’âge de 7 ans, ou en famille.
      Accueil de l’abbaye de Belleperche
      Gratuit

    • LES CENTRES DE LOISIRS
      Pendant les vacances scolaires, le service éducatif de l’abbaye se tient à la disposition des centres de loisirs pour l’organisation de visites, de jeux, de chasses au trésor, d’ateliers plastiques, de rallyes, ou de pique-niques à Belleperche.
      Ex : semaine consacrée aux arts de la table et au design

      • matin : jeux (il était une fois la table, globe-trotters des pettis plats, minischmilblic...)
      • après-midi : arts plastiques (dessin, peinture acrylique, peinture sur céramique...)

 Et aussi pour les particuliers, animations personnalisées à la demande pour les groupes d’enfants.

Gratuit pour les enfants et leurs accompagnateurs.

 Renseignements pratiques

Contact : Mélanie Deneau
Abbaye de Belleperche - 82700 Cordes Tolosannes
Tel. : 05 63 95 62 75 - Fax : 05 63 95 62 75
E-mail : melanie.deneau@cg82.fr

Les visites peuvent être réservées par téléphone du lundi au vendredi de 9h à 17h.
Merci de faire vos réservations 15 jours à l’avance.

Tarifs : gratuits pour les scolaires et les accompagnateurs. Participation aux frais de transports (rens. Au 05 63 95 62 75). Hors temps scolaire, gratuit pour les moins de 18 ans.

Renseignements pratiques


 L’abbaye de Belleperche se situe sur la D114, au bord de la Garonne, à 20 km à l’ouest de Montauban, 50 km au nord de Toulouse, 6 km de Castelsarrasin et 12 km de Moissac.

La visite concerne le rez-de-chaussée et l’escalier d’honneur.

L’étage n’est pas accessible pour des raisons de sécurité.

 Abbayes de Moissac et Belleperche:
tarif préférentiel aux visiteurs des deux abbayes.

Le Conseil Général de Tarn et Garonne et la Ville de Moissac ont mis en place une billetterie à tarif préférentiel pour les visiteurs des deux abbayes: 1 € pour les groupes à partir de 10 personnes et pour les visiteurs se présentant munis du billet plein-tarif de l’abbaye de Moissac.

 Ouverture :

Mai-juin : du mardi au dimanche de 14h à 18h.
Juillet-août-septembre : du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h. Le dimanche de 14h à 18h.
Fermé le lundi

Du 1er octobre au 30 avril, accueil des groupes sur réservation préalable.

Accueil des groupes, sur réservation.

Tél 05 63 95 62 75.

Fax 05 63 95 62 74.

Email : abbaye.belleperche@cg82.fr